Ton prompt ressemble probablement au pire brief qu’un graphiste a déjà reçu

Faire un bon prompt image pour éviter les clichés génériques que l'on voit partout

Et si tu cherchais une solution qui n’existe pas !

Depuis deux ans, on parle beaucoup de prompt engineering. Comme si savoir comment faire un bon prompt image était une compétence mystérieuse réservée à quelques initiés.

Au début, ça m’a fait sourire.

Parce qu’en lisant les exemples qui circulent, j’ai surtout l’impression de revoir des conversations que j’ai eues pendant 30 ans avec des clients.

« Fais-moi quelque chose de beau. »

« Je veux un look plus professionnel. »

« Plus wow. »

« Je vais savoir ce que je veux quand je vais le voir. »

La seule différence, c’est qu’avant, ces phrases-là étaient adressées à un graphiste.

Aujourd’hui, elles sont adressées à une IA.

Et c’est là que j’ai compris un truc simple : le problème n’a jamais été l’outil.

Le vrai problème existait déjà

Dans les mandats, il y a une constante.

Plus le brief est vague, plus le résultat devient difficile à atteindre.

Ce n’est pas une question de talent ou de logiciel.

C’est une question de direction.

« Fais-moi quelque chose de beau » n’est pas une direction.

C’est une attente.

Et une attente ne produit jamais quelque chose de précis. C’est pourquoi il faut toujours miser sur la clarté avant le design.

Demande par exemple à un photographe de faire “une belle photo”…

Tu vas immédiatement te heurter aux mêmes questions :

Belle pour qui ? Dans quel contexte ? Pour quel objectif ?

Sans réponses claires, chacun travaille avec sa propre définition du mot “beau”.

L’IA fait exactement la même chose.

Sans un bon prompt image, pourquoi tout finit par se ressembler

Quand les consignes sont floues, l’IA ne crée pas. Elle complète.

(C’est d’ailleurs un point central de mon manifeste sur le débat entre le graphiste et l’IA)

Et elle complète avec ce qu’elle connaît de plus standard.

C’est là qu’on retrouve toujours les mêmes clichés générés par défaut, que ce soit sur ChatGPT ou Midjourney :

  • bureaux trop parfaits
  • sourires artificiels
  • poignées de main corporatives
  • entrepreneurs interchangeables

Le problème n’est pas un manque de créativité. Quand on cherche comment faire un bon prompt image, le véritable enjeu est d’apporter du jugement dans son brief.

Et le jugement, c’est exactement ce qu’on demande à un directeur artistique. Si le sujet t’interpelle, j’ai exploré en profondeur cette transition entre l’IA et le métier de directeur artistique.

Le vrai rôle du directeur artistique

Avec le temps, j’ai arrêté de croire que multiplier les adjectifs aidait quoi que ce soit.

“Plus professionnel.”

“Plus premium.”

“Plus moderne.”

Ces mots ne veulent pas dire la même chose selon la personne.

Je travaille beaucoup plus avec des décisions concrètes :

  • cadrage
  • lumière
  • ambiance
  • couleurs
  • texture
  • niveau d’énergie
  • intention

Parce qu’une image n’a pas besoin d’être belle.

Elle doit être juste.

Et le “juste” dépend toujours du contexte.

Une firme comptable ne parle pas visuellement comme une microbrasserie.

Un cabinet d’avocats ne communique pas comme une startup.

Comment faire un bon prompt image : une compétence que tu as déjà

On surcomplexifie souvent le prompt engineering.

Comme si on avait inventé une nouvelle discipline.

Mais écrire un bon prompt ressemble surtout à ce qu’on fait déjà :

  • briefer un graphiste
  • diriger un photographe
  • préparer un tournage
  • expliquer une vision

Tu fais déjà ça.

La seule différence, c’est la machine en face.

L’IA amplifie la qualité de ta pensée

C’est probablement le point le plus important.

L’IA ne corrige pas une idée floue.

Elle la rend plus visible.

Si ton intention est floue, le résultat est flou.

Si ton message est générique, le résultat est générique.

Mais si ta direction est claire, l’outil devient extrêmement puissant.

Savoir comment faire un bon prompt image n’est pas une question de formule magique ou de prompt parfait. C’est une question de vision.

Ce que ça change vraiment

Aujourd’hui, produire une image ne coûte presque rien.

Ce qui reste difficile, ce n’est pas l’exécution.

C’est la décision.

Savoir quoi créer.

Savoir quoi éviter.

Savoir pourquoi.

C’est là que la valeur s’est déplacée.

Pas dans les outils.

Dans le jugement.

Conclusion

L’IA n’a pas changé les règles du jeu. Elle les a rendues plus évidentes. Parce que les mauvais briefs existent depuis toujours.

Ils sont juste devenus plus rapides à exécuter. Et au fond, la vraie question n’a jamais changé :

Est-ce que tu sais vraiment ce que tu essaies de communiquer ?